
VIDEO A RADIO FRANCE
IL EST TEMPS DE NEGOCIER
Nous le constatons chaque jour désormais, dans toutes les chaînes de Radio France et dans tous les services mobilisés sur la production : nul doute que la vidéo est vue comme un enjeu majeur par la direction de Radio France. Elle figure d‘ailleurs dans les orientations stratégiques présentées en CSE Central en décembre dernier.
Nous ne contestons pas la nécessité de développer la vidéo, mais si l’entreprise souhaite embarquer massivement les équipes dans cette voie, alors elle doit partager avec elles les constats, les objectifs et les moyens d’y parvenir.
Les salarié•es de Radio France ne pourront pas subir une extension (à toutes les chaînes) et un élargissement du « tous contributeurs » à 360°, car le système a rapidement montré ses limites sur le temps de travail et les risques psycho-sociaux (RPS) depuis 15 ans. Faut-il rappeler le constat documenté par l'expertise menée par le cabinet ISAST à France Bleu en 2021 ?
Nous, organisations syndicales représentatives de Radio France, demandons donc l’ouverture de négociations sur le déploiement de la vidéo dans l’entreprise, en n'excluant aucun des métiers concernés. Il n’est plus possible de se réfugier derrière des « expérimentations », pour faire progresser le sujet de manière sauvage.
Après avoir réaffirmé le volontariat comme mode de développement de la vidéo, cette négociation devra porter sur la définition d’objectifs de production chiffrés à court et moyen terme, sur l’encadrement de la charge de travail, sur la définition du rôle et des missions de chaque métier (pour un travail en autonomie ou en équipe), sur l’établissement d’un véritable plan de formation adapté aux besoins et ouvert à toutes celles et ceux qui le souhaitent, sur les moyens matériels à engager, sur la réaffirmation des droits d’auteurs et enfin, sur la reconnaissance de cette nouvelle compétence par une rémunération adaptée.
Ce n’est pas parce que l’entreprise souhaite développer la vidéo que les salarié•es doivent tout accepter ; ce n’est pas parce que des salarié•es se sont lancé•es dans la vidéo que la direction ne doit pas fixer un cadre. C’est un sujet majeur pour toutes les organisations syndicales de Radio France qui nécessite sans aucun doute une négociation large et loyale avant d'aller plus loin.
Paris, le 24 juin 2026

RADIO FRANCE : NON À LA LIQUIDATION DE NOTRE STANDARD !
Radio France, ce ne sont pas seulement les voix emblématiques de nos antennes. C’est aussi toute une architecture de salarié·es dont certaines voix sont moins visibles, mais tout aussi essentielles. Parmi elles, les standardistes occupent une place centrale. Par leur professionnalisme, leur disponibilité et leur connaissance de l’entreprise, elles constituent un maillon indispensable de la Maison Radio France et des voix familières qui nous accompagnent chaque jour.
Aujourd’hui, la direction annonce froidement la fermeture définitive du service du standard de la DIESE et le licenciement économique collectif des 4 salariées concernées. Pour justifier cette décision, elle invoque une prétendue « sous-activité structurelle », en s’appuyant sur des statistiques faisant état de moins de 20 appels par jour et par opératrice. Mais cette baisse n'a rien de naturel : elle est le résultat direct de choix d’organisation opérés par la direction elle-même. En mettant en place un Serveur Vocal Interactif (SVI) dès 2022, celle-ci a filtré et détourné les appels. Autrement dit, elle a elle-même organisé la diminution de l’activité pour mieux justifier aujourd’hui ces suppressions de poste.
En persistant dans cette voie et en remplaçant l'humain par un simple répondeur automatique Cisco, la direction rompt un lien essentiel entre Radio France et ses auditeur·ices.
Pour nous, les salarié·es en CDI, CDD ou CDDU, la direction nous prive de l’aiguillage réactif et précieux assuré par les standardistes.
Pour les auditeur·ices, c'est la fin de l'accès direct personnalisé à notre service public. Cette décision participe ainsi à la dégradation de la relation avec le public ; la difficulté à contacter est un reproche souvent relevé dans les études sur le service public et avancé par la Défenseure des droits.
CARRIERES PTA : DE REELLES AVANCEES, ENFIN !
Lors des dernières commissions de suivi de carrières (CSC), SUD a alerté la direction sur une injustice avérée, conséquence de la nouvelle politique RH en la matière.
L'attribution d'une promotion pour les salariés en débuts de carrière, cadeau bienvenu pour des bas salaires, était en réalité un ralentisseur de progression salariale. Nous avons constaté que, dans de nombreux cas, les nouveaux arrivés PTA gagnaient quelques mois, mais se trouvaient pénalisés : lors de leur passage "accéléré" de A vers B, possible dès 2 ans d'ancienneté, leur augmentation était seulement de 7,5% au lieu de 9% dans le cas d'un automatisme. Un handicap qui les suivra tout au long de leur carrière. Par la suite, nous avons porté à de nombreuses reprises la revendication d'un rééquilibrage : oui à l'anticipation du passage de A vers B, non à la perte de 1,5%.
Nous avons été entendu par la direction !
C'est aussi le cas pour les CDD recrutés en CDI au palier B. Ils bénéficieront, lors de leur embauche en B d'une mesure à 9% par rapport à leur niveau d'arrivée.
Autre sujet porté par SUD, le soutien à la mobilité. Deux populations sont concernées : les réalisateurs et les techniciens, en particulier ceux de locales qui n'ont que très peu de possibilités d'évolution au sein de la maison. La mobilité géographique est souvent difficile : traverser la France avec sa famille, dans un contexte d'emploi difficile, est un effort trop peu récompensé. Nous avons fait le choix, à SUD, de demander systématiquement à la direction d'attribuer une mesure salariale à ceux qui faisaient cet effort, sans forcément être entendu. C'est chose faite désormais.
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